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Avec ses 4500 m² de mosaïque l’Algérie occupe la deuxième place en Méditerranée en termes de réserve en mosaïques

Le musée de Timgad après 25 ans de fermeture Réouvert au public cet été.

Ce  musée de Timgad (Batna) doit surtout son importance à sa rare et inestimable mosaïque de 1121 m2 qui en fait l’unique musée d’Algérie à la conserver parmi sa collection. Rouvert au public après 25 ans de fermeture.

 Construit  dans les années 1930, les responsables d’alors  devaient,  présenter cette mosaïque qui en couvrait apparemment les murs et le parterre, note le directeur du musée et responsable du site archéologique de Timgad, Madjid Belkaresse. Ce dernier assure qu’à son ouverture, «le musée était considéré le plus grand musée de mosaïque».

Réaménagé, le musée compte 86 mosaïques de diverses tailles, dont 84 exposées dans les trois salles ouvertes aux visiteurs, deux mosaïques, dont celle du nègre de Timgad, sont conservées, ajoute le même archéologue.

«Les mosaïques du musée ont toutes la singularité d’avoir un fond noir qui laisse penser à l’existence d’une école particulière, dont l’influence s’était étendue vers Hippone-Bône (Annaba)», relève Madjid Belkaresse et d’ajouter que «les recherches continuent pour savoir si cette école était née à Timgad puis diffusée ou le contraire». Le même spécialiste évoque également la dominance des décorations florales qui distinguent la mosaïque d’Afrique du Nord.

«Des Monstres marins» de 4,25 m sur 2,5  m

Le visiteur du musée de Timgad, construit entre 1930 et 1935, peut ainsi découvrir la rare mosaïque des «Monstres marins» de 4,25 m sur 2,5 m, réalisée avec des tesselles de pierre et de pâte de verre, note Belkaresse, qui précise que «cette technique était usitée, mais il est rare de trouver une mosaïque en ces tesselles avec de pareille taille». La mosaïque représente trois déesses portées par des monstres marins et servies par des enfants ailés.

Elle est la seule qui n’appartient pas au site de Timgad, car elle a été découverte à Lambèse en 1905 et connue également pour ses vestiges romains, a souligné de son côté l’archéologue Thanina Kaci Ouali. Exposée à l’étranger, la mosaïque est considérée comme l’un des plus importantes au monde, souligne la même spécialiste, qui relève que la spécificité du musée de Timgad est d’être  dédié aux mosaïques découvertes dans l’antique ville de Thamugadi, dont le nombre dépasse les 200.

«La mosaïque des ‘‘Déesses de la mer’’ a la spécificité de donner au visiteur l’impression que la tête représentée sur la mosaïque l’observe», a-t-elle dit, ajoutant que cette technique rare est retrouvée dans la Mona Liza du peintre italien Léonard de Vinci.

Des visiteurs  émerveillés

Exhumées au cours des fouilles entreprises entre 1880 et 1956, les  mosaïques de Timgad reproduisent avec précision le quotidien et les croyances des romains de l’époque, note t-on  «ces mosaïques ont été réalisées avec une technique romaine, mais avec l’esprit de la population autochtone».

«Les visiteurs du musée, notamment étrangers, sont souvent émerveillés par la beauté et les couleurs des mosaïques et promettent de revenir», assure Sabrina Hebbar, archéologique en poste sur le site archéologique de Timgad.

Le musée de Timgad se distingue également par sa porte décorée avec un cadre sculpté surmonté d’une ancienne transcription apportée de la chapelle du patrice Grégoire, au sud de la forteresse byzantine sur le même site de l’antique Timgad. D’abord construit en 1903 au centre de la ville antique près de l’Arc de Trajan, le musée a été démoli puis reconstruit, et c’est là que se trouve aujourd’hui l’administration du site.

Mais l’importance des découvertes et vestiges exhumées a nécessité la construction de l’édifice actuel à l’extérieur du site archéologique, précisent les archéologues du site. Sur la vaste cour archéologique d’entrée du musée sont exposés des motifs de monuments, un jet d’eau entouré de colonnes de Corinthe, avec deux galeries de sépultures et statues.


Un grand  travail de marketing s’impose selon le ministre de la culture Azeddine Mihoubi.

Présent lors de la cérémonie de réouverture du musée,  il avait considéré que «les trésors archéologiques et rares mosaïques conservées par cet établissement   muséal ont besoin aujourd’hui d’un travail de présentation et de marketing». Estimant  que le Centre national de recherche en archéologie a accompli un grand travail pour réaménager cette structure et en faire un site d’attrait culturel, touristique et économique.  Tous les  spécialistes en archéologie comptent sur le travail des ateliers de conservation et restauration des mosaïques antiques ouvert à Tipasa.

Ateliers qui selon le ministre «sera au service des musées et sites archéologiques du pays qui ont besoin de  restauration de leurs mosaïques». Tout en faisant savoir que «son département ministériel envisage d’ouvrir un deuxième atelier dans une wilaya de l’Est qu’ abritant les sites de Djemila et Timgad. Mr  Mihoubi.soulignant que l’Algérie occupe la deuxième place en Méditerranée en termes de réserve en mosaïques, d’ une superficie de 4500 m². Entre 2006 et 2010, une équipe d’archéologues a effectué des fouilles à Lambèse, non loin de Timgad, et y ont découvert une mosaïque unique, celle du sacrifice manqué de Phrixos et Hellé, puis celle de la Tigresse, également rare».

Avec l’exiguïté du musée de Lambèse et la poursuite des fouilles qui ne semblent pas avoir épuisé la réserve de mosaïques du site, le musée de Timgad demeure l’espace réservée par excellence aux mosaïques, notamment après sa requalification. et ce  même si les administrateurs de l’établissement nourrissent le vœu de son extension pour y exposer les divers et importants vestiges trouvés.

 

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