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Le 13 ème Festival national du théâtre professionnel en hommage à Sonia

L’année  2018  est sortie avec deux évènements culturels marquant : la création inattendue de l’orchestre symphonique de jeunes et le Festival national du théâtre professionnel, dédié en hommage à Sonia l’icône du 4ème art disparue récemment. l’évènement  était porté  par  la diversité sur fond d’actualité, avec 18 pièces représentant 16 théâtres régionaux, celles du TNA et de l’association culturelle « Le Nouveau théâtre » des Issers.

Dix jours durant au Théâtre Maheddine Bachtarzi (Alger), l’histoire aura été célébrée sur scène, les comédiens se sont également engagés  à cœur dans  l’actualité qui a fait mouche et touché les membres du jury et qui n’a pas pour autant démérité lors de la remise des prix avec l’annonce de la création du prix Mustapha Kateb.

Le Festival national du théâtre professionnel, dédié en hommage à Sonia l’icône du 4ème art disparue récemment

  
Des prix aux lauréats

C’est ainsi que « Baccalauréat », une pièce produite par le Théâtre de Mostaganem, a emporté le Prix du meilleur spectacle, le Grand prix de la 13ème édition du Festival. « Khawana Wa Sareq » (des traitres et un voleur), une pièce présentée par le Théâtre de Djelfa, a reçu le Prix du Jury. Le Prix de la meilleure interprétation masculine est revenu à Mohammed Lahouas pour la même pièce.

La pièce théâtrale « Mackbett », produite par le Théâtre national algérien, a décroché le Prix de la  meilleure mise en scène, alors que le Prix de la meilleure interprétation féminine est revenu à Fissa Monira Rouabhi pour la même pièce.

Le Prix du meilleur texte a été attribué à Lyes Mokrab pour la pièce « Juba II », produite par le Théâtre de Tizi-Ouzou. Quant au Prix de la meilleure scénographie, il a été décerné à Youcef Djamel, du Théâtre de Mascara pour la pièce « Hanine ».

Le  Prix de la meilleure musique a été décroché, en ex-æquo, par Mohammed Zani du Théâtre d’Annaba pour « Rabie En’Nissae » (Le printemps de femmes), et Djamel Kelouane du Théâtre de Tizi-Ouzou  pour la pièce « Juba II ».

Pour rappel, 18 pièces représentant 16 théâtres régionaux, en plus de celles du TNA et de l’association culturelle « Le Nouveau théâtre » des Issers, lauréate du 1er prix du Festival du théâtre professionnel local de Guelma, étaient à l’affiche de la 13ème édition du Festival national du théâtre professionnel. La compétition s’est déroulée sous l’œil d’un jury composé d’Ahcène Tlilani (président), assisté par Mohamed Cherchell, Djamel Abdelli, Arezki Larbi et Nesrine Belhadj.

En Hors compétition, on compte 7 spectacles programmés au Théâtre municipal d’Alger-Centre « Ex-Casino ».

Il faut noter aussi que la nouveauté de cette édition a consisté en l’organisation de représentations de théâtre de rue à la placette du TNA, animées par des associations et des compagnies théâtrales. En marge des représentations, le programme a aussi comporté des conférences consacrées aux études et à la recherche sur le théâtre algérien. A cela s’est ajouté des récitals poétiques, des ventes-dédicaces avec les auteurs Abdelkader Bendamèche, Rachid Boudjedra, Gherbi Mouna, Nacima Bouloufa…

Outre toutes ces activités, deux ateliers étaient au menu : le premier sur les techniques d’éclairage au théâtre ; le second était une initiation au métier de comédien.

Juba II du TRTO


Au cœur de l’actualité

Le Festival national du théâtre professionnel a, pendant dix jours, gratifié les amoureux du 4ème art de 18 pièces, portant sur divers sujets, mais toutes ancrées dans le vécu, abordant l’actualité selon un style dramaturgique et une tournure scénique propre à chaque troupe.

« Baccalauréat », texte et mise en scène d’Azzedine Abbar, traite de nombreux problèmes sociaux des jeunes à travers l’histoire d’un groupe d’élèves qui se préparent à passer le Baccalauréat. En fait, la pièce, proposée par le Théâtre de Mostaganem, met en exergue  le système de l’éducation algérien, qui se présente comme une impasse pour les étudiants. Il ne leur offre aucune perspective,ni avenir, aucune place dans la société. D’où ce fort désir, cette envie, tenace et insistante, de vouloir quitter le pays s’aventurer dans des embarcations de fortunes pour traverser la mer et échouer sur l’autre rive de la Méditerranée.  

« El mina », produite par le Théâtre de Biskra, est signée Chawki Bouzid. Cette pièce se veut elle aussi le reflet de notre réalité sociale. Elle reproduit la critique que le citoyen exprime au quotidien sur la situation du pays, son ras-le-bol de la société algérienne et la mal-vie de tous les jours. Le metteur en scène va loin : il reprendra les propos de la rue et les mets sur scène. Le but : donner à la pièce plus de caractère et de volume pour la rendre plus percutante. Et ce sans tomber dans la vulgarité. Chawki Bouzid, en passant par l’art, a su relever le défit, de faire parler la rue sur les planches.  

Le Théâtre d’Annaba a, quant à lui, proposé « Rabie En’Nissae » (Printemps des femmes), texte et mise en scène de Moulay Miliani Mohamed Mourad. Cette pièce aborde la condition de la femme, sa place dans la société. Il y décrit une femme à travers différentes époques. Et à chaque étape, la pièce met l’accent sur sa situation de personne minorée socialement. D’où l’appel à un printemps des femmes.

« Bayna el-djenna wal’djounoun » (Entre le paradis et la folie), du Théâtre d’El-Eulma, est une tragédie qui dénonce les dérives du pouvoir. Mis en scène par Lotfi Bensbaa sur un texte d’Allaoua Koussa, la pièce met en scène un royaume. Où le premier conseiller du roi est nourri d’intentions malveillantes qui  passe  son temps à fomenter des stratagèmes pour arriver à ses fins : prendre, un jour, les règnes du pouvoir en épousant la princesse. Cette pièce en dit long sur la réalité politique de nombre de pays où certain politiques sont assoiffés de pouvoir, et font tout pour l’avoir ou pour s’y éterniser.

« H’Zam el  Ghoula », un spectacle présenté par le Théâtre de Béjaïa, mis en scène par Mouhoub Latrèche, sur une  adaption de Omar Fetmouche de « La quadrature du cercle », du dramaturge Russe Valentin Kataïev, raconte l’histoire de deux couples de nouveaux mariés, contraints de cohabiter dans un espace réduit. La pièce pose la question de la cohabitation. Il ne s’agit pas seulement de cohabitation, voire de coexistence physique, mais aussi celle sur le plan des idées et des opinions : quatre individus, donc plusieurs courants d’idées. Il y a la bourgeoisie, l’islamisme, le prolétariat. Même si la pièce a été jouée, pour la première fois, en 1987, elle reste toujours d’actualité. 

Mise en scène par Nakouache Chahinez sur un texte de l’auteur libanais Hicham Zineddine, « Malade n° 0 », une pièce du Théâtre de Skikda, traite de la condition de l’artiste et sa place dans les pays arabes. Dans la pièce, l’artiste est un homme de théâtre. Pour avoir mis en scène une pièce qui touche les intérêts du pouvoir en place et porte atteinte à sa crédibilité auprès du peuple, il  est placé dans un asile d’aliénés, traité littéralement comme tel alors qu’il ne l’est pas. Car pour le directeur de l’établissement, celui qui ne se conforme pas au discours officiel est considéré comme quelqu’un qui n’a plus de raison.

Pour sa part, le Théâtre de Constantine a présenté « Ya lile », une pièce mise en scène par Haroun El Kilani sur un texte du marocain Abdelkrim Berrechid. La pièce, qui présente une galerie de personnages, aborde plusieurs sujets : la prostitution, la mendicité devenue un métier, la bigoterie religieuse… Et aussi le djihadisme, une réalité répandue dans les pays arabes. Du djihadisme résulte le terrorisme barbare et sanglant. Puisque la pièce se termine sur un attentat à la bombe meurtrier.

Toutes les pièces en lien  avec l’actualité, sont très vivantes. Chacune porte un discours. Et cette parole dite, libérée sur scène parle au public. Ce qui est intéressant c’est que chacune propose un spectacle qui ne se raconte pas, mais qui se vit. Chaque moment est vécu de façon intense. Chaque scène est fortement ressentie. 

Imène Sediki

Sitewww.fntp-dz.com
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h’zam el ghoula un spectacle présenté par le Théâtre de Béjaïa

 

 

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