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 Karim Sergoua jette ses pinceaux ?

« Je ne veux plus peindre, je ne sais pas pour qui »annonce ce référant Méditerranéen ce samedi à la galerie Espaco où il expose actuellement, une œuvre constituée de différentes matériaux,  techniques et installations. Ce grand plasticien, ne jette pas  pour autant l’éponge. Il  va se consacrer à promouvoir les jeunes artistes algériens a-t-il annoncé. Lors de cette rencontre karim Sergoua a esquissé l’état des lieux de la corporation, il est revenu longuement sur le travail fait par le mouvement associatif en l’occurrence la biennale de Tipaza pour  l’émergence des artistes algériens, dont la plus part d’entre eux  sont connus aujourd’hui à l’international. Après  une rétrospective de plus de 20 ans de travail consignée dans différents catalogues de haute facture, marquant  les performances artistiques de l’orateur, ce dernier  rendra hommage à Ahmed Aslah pour avoir fait de  l’Ecole Nationale des Beaux d’Alger une référence. A la question de savoir pourquoi une telle décision Karim Serguoua, nous a invités à trouver sa réponse et tout son ressenti au travers de ses œuvres exposées.

On peut dire incontestablement que la galerie Espaco expose une œuvre majeure de  Karim Sergoua. Elle est constituée de différents matériaux et techniques, on évoquera le textile (patch works), la céramique sous toutes ses déclinaisons, le travail du métal représentant ici le symbole des genres (Homme/Femme) intitulé le couple, pour dire l’égalité, la dualité avec un message fort sou jacent, la cellule Familiale. Avec un continuum des pièces céramiques, les plats ou « dishs » dont l’un d’entre eux est brisé. Une brisure pour exprimer la rupture, elle-même soumise à une interprétation à large spectre, familiale, sociétale…..

Si par moment au gré du positionnement l’artiste souffle le chaud et le froid avec  une scénette  fragmentée  de 6 minis tableaux  intitulée « 3ors edib » arc en ciel pour dire l’espoir, à prendre au sens propre ou figuré, selon ! Mais le fil conducteur de l’ensemble des ses œuvres, minis, petits ou grand format reste la société, la sienne la nôtre.

Dans ses œuvres il hurle son désarroi avec notamment,  « Ghachi /mal », une toile en clair obscure sur fond marine où constellent des étoiles juxtaposées pèle mêle aux croissants de lune, aux croix, hameçons, poissons mais aussi les charognes comme l’hyène, un véritable oxymore. Dans  l’autre « Ghachi/bien » dominent de couleurs vives et  chatoyantes où  les symboles signes d’aouchem  ref identitaire.

Deux toiles: « l’hommage à Sliman  Ould Mohend »  renvoie à la meurtrissure des âmes cabossées, à la douleur et au deuil  avec la toile intitulée : « Khoya Kader ».

2 toiles « constat 2018 » suivie d’un autre « constat : le chao » qui se passent de commentaire, entre-elles vient s’insinuer un autre tableau dont l’intitulé interpelle : « Z3it ou Neggaz El7it » puisé de la légende populaire pour évoquer la débrouille…la couardise …

Des messages très forts d’une beauté stylistique saisissante que Karim Sergoua nous instille en réponse à la question Pourquoi ?

Fella Hassan

 

 

 

 

 

 

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